Thibault Turcas – Interview (Between Us)


Between Us est le rendez-vous avec un passionné de cinéma et/ou séries. Blogueurs, podcasteurs, twitteurs assoiffés se dévoilent à travers mes interviews afin de mieux se faire connaître. Cinéphiles et Sériephiles, vous avez le devoir de lire ce qui suit sinon gare à vos… (je vous laisse à votre imagination débordante :p)

Invité n°4: Thibault Turcas

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Age: 22 ans
Ville:  Paris (75)
Twitter: @tib20011
Son Blog/Podcast: Any Given Film

 

Raconte nous l’histoire de Thibault Turcas.

Je suis né en 1990, j’ai grandi avec le traumatisme d’avoir vu « E.T. » à l’âge de 3 ans, j’allais auGrand Rex avec mes parents pour voir des spectacles Disney (le tapis volant de Aladdin était passé à côté de moi et j’étais content), et j’ai eu la chance d’avoir une grand-mère passionnée de cinéma qui m’a montré bons nombres de classiques et m’a baigné dans le Jean Marais.

Après, le déclic naturel vient du fait que je regardais beaucoup de VHS et beaucoup de films interdits, le plus symbolique restant « Pulp Fiction » à l’âge de 7 ans. Je n’avais rien compris mais je l’ai regardé 4 fois la même année, avec une obstination étrange. Il y a eu aussi le choc « Massacre à la Tronçonneuse » qui m’a donné envie de me plonger dans le cinéma d’horreur.

Aimer le cinéma veut également dire vouloir partager sa passion, et c’est pour ça que je me suis mis à écrire sur des blogs et à rechercher des copains sur Allociné (qui, à la grande époque, était le Meetic des geeks). La plateforme où j’ai pu déchaîner ma verve pleine de fautes d’orthographes était sur DVDRama où ils avaient lancé le Blogorama. Puis, le site s’est changé en Excessif, et pareil, tous ceux qui avaient un blog sur Blogorama ont fait la transition. Parallèlement à Blogorama j’ai tenu un Myspace (toujours en ligne d’ailleurs) où j’ai continué à écrire, jusqu’au moment où je me suis lassé de parler de films dans mon coin.

En matière d’études, j’ai intégré un lycée avec option audiovisuel pour avoir cinéma au bac, et je suis parti 4 années aux Etats-Unis pour faire des études de cinéma et d’anglais, au Santa Monica College.

Et je viens de me rendre compte que j’ai écrit 3 paragraphes. Cette interview va être longue.

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Tu animes Any Given Film, une émission de podcasts audio sur le cinéma. Comment est-elle née et qu’est ce qu’on y trouve?

J’ai arrêté d’écrire des critiques au fur et à mesure de mes études aux Etats-Unis par manque d’envie et de motivation. Et puis, je m’en souviens encore, par une nuit d’octobre 2010 où je voulais écouter toutes les interviews que Edgar Wright avait fait pour « Scott Pilgrim vs. the World« , j’ai découvert la page Podcast de iTunes. Je suis tombé sur le podcast de Doug Benson et j’ai été immédiatement sous le choc, en me disant que c’était absolument génial ces petites émissions d’une heure disponibles toutes les semaines. Et de fil en aiguille, mon amour pour Doug Benson m’a conduit à d’autres podcasts dont « The Film Vault » qui a été une grosse influence pour créer le nôtre.

Mon iPod ayant laissé place uniquement à des podcasts depuis cet octobre 2010, j’en ai parlé àClément (rencontré sur les forums de Allociné des années auparavant) et nous avons décidé de regrouper nos amis qui aimaient parler de cinéma. L’idée s’est réellement concrétisé début 2011, en janvier plus précisément, car c’est là où nous avons choisi le nom du podcast sur Skype avec Clément et Nicolas (c’est passé de Cinécast à Any Given Film), et nous avons enregistré notre premier épisode en février 2011.

L’idée avec Any Given Film est à la fois d’avoir un espace de débat perpétuel autour de films, mais c’est aussi un plaisir complètement égoïste. J’ai toujours adoré faire des tops et des listes (j’avais lancé le Top 100 de la décennie des blogueurs de Excessif en 2010 – toujours sur le site), Clément et moi avons eu bons nombres de conversations MSN où nous décidions d’un sujet pour faire un top 5, et le podcast est notre moyen à nous de le faire publiquement. Heureusement, nous avons des auditeurs qui nous écoutent, mais on s’amuse réellement à faire des listes et à parler de films au quotidien.

Le podcast est dans l’endroit un peu fantasmé dont on rêvait il y a des années de cela, où les gens peuvent retrouver toute sorte de débats centrés sur le cinéma (et les séries, occasionnellement). Je dirai que l’émission « phare » qui devait au départ être occasionnelle est NOTRE SEMAINE, où chaque rédacteur parle de trois films qu’il a vu au fil des jours avant l’enregistrement. Tout est permis: nouveautés, films cultes, exclusivités. Les TOPS 5 sont mes préférés car c’est vraiment simple: 5 films par rédacteur, rester sur un sujet, voir tous les films possibles pour en débattre. Ces deux concepts ont été piqué sans vergogne au podcast « The Film Vault ». Et à cela s’ajoutent des émissions plus atypiques que nous adorons imaginer: NOS BONUS PREFERES pour parler des suppléments géniaux de dvd/blu-ray, des COMMENTAIRES AUDIO pour parler de films abominables qui nous font rire, et les (trop rare à mon goût) FILMOGRAPHIES et SAGA CULTE pour parler de tous les films d’un réalisateur ou d’une saga. On essaie aussi assez souvent d’allonger un débat sur une grosse sortie pour en faire un épisode à part, vraiment réservé à ceux qui ont vu le film pour ne pas limiter le dialogue.

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Présente nous tes acolytes de l’émission sans langue de bois, à la « Any Given Film », comme si tu critiquais des personnages d’un film censé représenter ta vie.

Je vais bien évidemment faire référence à l’équipe 2012 du podcast. Ce sont d’abord mes trois meilleurs amis, ni plus ni moins, ceux que je connais depuis des années et avec qui je suis toujours aussi proche (vraiment de la grosse langue de bois ça).

Clément Cusseau est le premier d’entre eux que j’ai rencontré. On a toujours eu des délires et des envies de parler de cinéma partout où on allait, donc on s’est suivi mutuellement dans l’aventure Blogorama et Excessif, et c’est lui que j’ai contacté en premier pour le podcast. Son plus grand défaut est qu’il n’aime pas trop sa voix, et donc je dois lui dire à chaque fois de se rapprocher de son micro ou d’avoir plus d’énergie, car il peut paraître très désintéressé et peu vif. Comme je suis fan de podcasts, c’est dur d’écouter quelqu’un qui ne semble pas intéressé, mais il est réellement passionné. Il aime être posé pour parler de films, et est sûrement l’homme avec le plus de vannes pourries en France.

Ivan Le Jan est celui que j’ai rencontré en seconde au lycée, un mercredi midi après une classe d’option audiovisuelle. J’avais entendu dans sa présentation qu’il adorait « The Big Lebowski« , et je me suis assis avec lui à la cantine (c’est génial cette interview!). Et comme les deux premières références qu’on a échangé étaient « Pulp Fiction » et « Dumb & Dumber« , on a traîné ensemble. Avant de faire le podcast, je pense qu’il ignorait son côté geek (du genre prêt à attendre 5 heures dans une file pour rencontrer Simon Pegg), du coup ça lui fait ressortir ses pulsions cinéphiles. On s’est beaucoup moqué de lui car il parlait tout le temps de films qu’il n’aimait pas et qu’il le faisait sans aucune envie, moi le premier, mais je pense qu’il a réussi à sortir de cette coquille. C’est aussi celui qui est prêt à regarder l’intégralité des films d’un acteur pour qu’on fasse un top acteurs à deux.

Nicolas Vert est, encore une fois, un ami très proche rencontré sur Allociné dans un forum autour des films de cape et d’épée, et notre amour pour Oliver Stone nous a changé à vie. Encore une fois, les mêmes envies qu’avec les deux autres (parler de cinéma, faire des courts-métrages) et il était évident qu’on allait l’inclure. Son plus gros défaut? Son équipement. J’ai même plusieurs fois dû éviter ses pistes audio et ses participations car son micro était désastreux. Pour vous dire, et ça s’entend, c’est le seul qui enregistre avec le micro de son MacBook Pro car le micro externe ne donnait rien de bon. Voilà pour son plus gros défaut. Après, on est tous fans de ses résumés quand il les concocte lui-même, et c’est la seule personne que je connais qui est plus intéressé quand l’avis des autres diffèrent du sien. Il est toujours curieux, peut-être trop naïf pour son bien (il croit encore que « Blanche Neige et le Chasseur » sera un film potable).

Toujours dans l’esprit de Any Given Film, établit-nous le top 5 de femmes fatales au cinéma.

Je n’avais jamais pensé à ce top. ça va être très dur, et je vais essayer de rester très loin des thrillers érotiques bidons. Ces filles ne sont pas des méchantes (donc assez loin de la définition même du terme) mais sont clairement des antagonistes à un moment du film.

5. Summer (Zooey Deschanel, 500 DAYS OF SUMMER).

C’est très dur de la mettre en femme fatale, mais en même temps, impossible d’ignorer qu’elle épouse cette case parfaitement. J’adore ce film car il montre réellement à quel point, même siSummer passe pour l’antagoniste, le héros Tom se met des idées dans la tête et pense pouvoir arriver à dompter une femme fatale qui s’ignore mais qui annonce dès le début qu’elle n’est pas intéressée par une grande histoire d’amour. Elle se place en femme fatale car le film est du côté de Tom, mais je pense qu’une version alternative du film existe où on se rend compte que tout n’est pas si simple. La phrase qui me fait dire que, malgré les circonstances, elle est sacrément détestable est son speech final où elle lui dit clairement qu’elle n’était jamais sûr d’être amoureuse de Tom, jamais sûre que cette relation marcherait. Elle a tout au long du film ce double jeu comme les grandes femmes fatales des films noirs, où chaque geste qu’elle fait peut avoir différentes interprétations (le moment où Tom se rend compte qu’elle ne voulait pas de lui en revoyant une seconde fois certains passages est très douloureux).

4. Vesper Lynd (Eva Green, CASINO ROYALE).

J’adore la saga James Bond, mais les James Bond Girls peuvent vite m’énerver. Je comprend leur intérêt, leur présence, mais bien souvent quand elles essaient de sortir de leurs coquilles de femmes fatales et de jouer sur les sentiments, les actrices (entendez top models) ne suivent pas.Vesper est évidemment la meilleure. Elle est là pour remplir le rôle de James Bond Girl typique (espionne et magnifique), d’antagoniste surprenante, et force un changement chez James. Lui refuser le rôle de meilleure James Bond Girl tient vraiment de la mauvaise foi car les autres qui ont tenté de dépasser ce statut n’ont jamais été incarné par de bonnes actrices. Eva Green est parfaite dans le rôle, immédiatement en contradiction avec Bond. Ça rend leur relation et la mission beaucoup plus amusante, et ça rend surtout son rôle complexe. Elle ne veut pas de Bond, elle se retrouve dans ses bras, elle se rend compte de son erreur, et la fin laisse place à une tragédie qui fait tomber Bond dans une noirceur effrayante (« Quantum of Solace« ). Le seul passage que je n’aime pas du film est cette espèce de pseudo-romance en bateau qui est là juste pour nous faire croire qu’un avenir entre Bond et Vesper est possible. C’est un passage crée pour être contredit en beauté par la suite, mais c’est aussi le seul moment où Vesper devient la James Bond Girl de service.

3. San (PRINCESS MONONOKE)

Un peu différent du reste puisqu’elle est le personnage-titre, mais San est une femme fatale au sens pur du terme: elle fascine, elle laisse perplexe, elle tue, et elle pousse le personnage principal à dépasser ses limites. Ce film est évidemment un chef d’œuvre absolu, le premierGhibli que j’ai vu et que j’avais adoré la première fois car il y avait du sang. San est à mon sens une femme tellement forte, fascinante et brillante qu’elle devrait être le modèle des petites filles d’aujourd’hui. Je rêverai de la voir chasser les Kardashian. Donc pas vraiment un antagoniste puisque le héros va découvrir les intentions de San, mais sa violence et sa rage (animées par ses convictions) la rend fatale.

2. Jack’s Ex-Girlfriend (Natalie Portman, HOTEL CHEVALIER & THE DARJEELING LIMITED)

Wes Andeson est l’un de mes réalisateurs préférés, et l’ombre que porte cette femme sans nom dans « Darjeeling Limited » m’oblige à la mettre si haut. Son rôle est assez unique:Portman apparaît dans le court-métrage prologue, puis seulement dans un plan-séquence vers la fin du long-métrage. Mais sa présence est belle et bien là. Dans « Hotel Chevalier« , Anderson maîtrise le non-dit jusqu’au bout en nous dévoilant les retrouvailles de deux anciens amants. Au détour de 12 courtes minutes, Portman se révèle être une femme fatale assumée: elle manipuleJack (Jason Schwartzman), utilise ses sentiments pour le mettre au lit, et le trouble par ses questions (elle prétend être jalouse alors qu’elle a probablement un fiancé de son côté). Cette scène sublime sera dans la tête de Jack pendant tout « Darjeeling », puisqu’il écrit une histoire dessus, vérifie sa messagerie, et retrouve le parfum que la belle a glissée dans ses valises.

1. Mallory Knox (Juliette Lewis, TUEURS NES)

Pour le coup, une véritable femme fatale qui rend les hommes complètement fous. Cette claque de Oliver Stone montre à quel point Mallory est capable de faire sortir le pire et le meilleur chez les hommes qu’elle rencontre. Plus particulièrement, son innocence lorsqu’elle vit chez ses parents va pousser Mickey à épouser ses pulsions et à la sauver (même si ça veut dire massacrer ses parents). Plus tard, le flic à leurs trousses (Scagnetti) se rend compte de sa fascination pour Mallory et va devenir obsédé par la violence qu’elle dégage, commet un meurtre en pensant à elle, et tente de la martyriser en prison. Pour film de malade mental, héroïne cinglée.

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Sortons du contexte de Any Given Film et atterissons sur Bisounours Land. Ta mission consiste à critiquer positivement, et sincèrement, mon film préféré qu’est Sin City!

J’adore le « sincèrement » précédé de l’obligation d’en parler positivement. Et bien figure toi que j’adore ce film, et ce depuis toujours. Pour tout dire, je l’avais récupéré en divx avant sa sortie en salles française car je n’en pouvais plus d’attendre, et je l’ai regardé au moins 5 fois avant d’y retourner 2 fois au cinéma. C’est un film qui m’a aussi donné la passion des comics (je ne me met pas à la hauteur des trois compères de Kultur Breakdown mais j’adore les comics) et qui m’a donné envie de découvrir tout l’univers glauque et sublime de Frank Miller.

Donc « Sin City« , quelques années après sa sortie, est toujours en mon sens l’adaptation la plus fidèle d’un comics à ce jour, ce qui en fait aussi son défaut. Au lieu de proposer une version cinématographique des histoires de Miller, c’est plutôt un comics sur grand écran dans le sens où chaque image est une case de graphic-novel et non pas quelque chose d’organique dans la mise en scène et l’enchainement des plans. Rodriguez/Miller préfèrent le style plutôt que la logique et la façon classique de découper des films, favorisant les enchaînements stylisés plutôt que les conversations en champ/contre-champ. C’est assez dur à exprimer, mais tout va extrêmement vite, tout s’enchaîne, et l’ensemble peut paraître sans émotion. La scène où Marv couche avec Goldie par exemple baigne dans les fondus et la voix-off explicative. Quand c’est sorti, je vénérais tellement le film que je crachais sur ceux qui trouvaient ça « étrange » ou même « faux », mais je peux comprendre. Bien que je trouve ce film génial et jouissif, que ce soit dans le côté esthétique poussé jusqu’au bout, le casting ahurissant, et la fidélité par rapport à Miller.

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Quelles sont les 3 répliques du cinéma que tu vénéres?

« The world has no use for another scared man. Right now, the world needs a fucking hero. »
(OBSERVE AND REPORT)

C’est tiré de la voix-off épique de Ronnie (Seth Rogen). J’avoue, je la met surtout pour que les gens qui n’ont pas vu ce film s’y mette immédiatement. C’est l’une des comédies les plus sous-estimées, tout ça parce qu’elle est sortie après la merde « Paul Blart » et que les américains n’ont pas compris son côté dépressif et très noir (et puis ce n’est même pas sorti en France). Cette réplique en particulier montre que le héros n’a aucune idée de ce qui se passe autour de lui, pensant être le protecteur dont le monde (son supermarché) à besoin, alors qu’il est un psychopathe qui dégomme des policiers avec une lampe de poche.

« J’ai laissé l’amour propre dans mon deuxième pantalon. »
(HOT SHOTS 2)

Les meilleurs souvenirs de VHS que j’ai viennent de Normandie. Je louais des VHS en boucle dans un petit village normand, retournait à la maison, et les regardais des millions de fois. C’est comme ça que j’ai découvert l’énorme « Hot Shots 2« , l’une des comédies qui m’a le plus marqué, et cette réplique en particulier m’a (littéralement) fait pleurer de rire. Charlie Sheenrépond ça dans une VF culte à son ex-femme alors qu’ils se retrouvent dans la forêt. Tellement culte que je ne connais pas l’équivalent VO.

« –Look up idiot in the dictionary. You know what you’ll find?
-My picture?
-No! The definition of the word idiot! Which you fucking are! »
(KISS KISS BANG BANG)

Réplique d’un film culte, écrit et réalisé par Shane Black. J’ai choisi celle-ci en particulier car elle m’avait fait explosé de rires au cinéma le jour de sa sortie dans une salle silencieuse, et parce que Black est un génie des dialogues. Je ne pouvais pas choisir parmi mes répliques préférées de « Last Action Hero » et « Le Dernier Samaritain« , donc cet échange entre les deux personnages qui viennent de trouver un cadavre dans un lac est le meilleur exemple de son style.

Observe ta dvdtheque et dis nous quel est le premier DVD , donc le plus ancien, a avoir occupé ta collection? Te souviens-tu de cet achat (ou cadeau) ?

Mon premier achat de dvd était à la Fnac Boulogne en 2001 où j’ai acheté SCARY MOVIE etSCREAM. C’était deux films assez cultes pour moi, et je me disais qu’il fallait acheter les deux en même temps. Le premier dvd que l’on m’a offert était à Noël 2001 où j’ai reçu LA TOUR MONTPARNASSE INFERNALE.

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Tu m’impressionnes par le nombre de films que tu as visionnés. Comment trouves-tu et gères-tu le temps pour pratiquement tout voir?

C’est à la fois une habitude et un besoin permanent. J’achète énormément de dvd/blu-ray donc j’en regarde au moins un ou deux par jour, surtout lorsqu’on prépare un top 5. Aux Etats-Unis, j’avais la chance d’avoir Netflix (site de streaming en ligne) et donc je découvrais énormément de films, surtout si ils allaient expirer sur le site. Le problème des Etats-Unis qu’on ne répète pas assez est qu’il n’y a aucune carte de fidélité qui permettent de voir un nombre illimités de films par mois. Pas de Carte Pass et autres. Du coup je devais sélectionner mes sorties ciné et ensuite attendre la sortie dvd pour tous les regarder (pour préparer mes tops de fin d’année, je me suis tapé tous les films que je n’avais pas vu en 3 semaines). En France, c’est une aubaine. Avec 20 euros par mois, on peut TOUT voir. Du coup, depuis mon retour en France, je vais voir presque tous les films au cinéma, surtout si je peux les enchaîner le jeudi ou le mardi. Je ne sais pas si ça répond à ta question, mais je ne me force jamais à voir des films.

Ma seule limite est la 3D. Je hais la 3D sur les films « live » et du coup je les évite comme la peste. J’ai évité « John Carter » et « La Colère des Titans » à cause de ça, je n’irai surement pas voir « Men In Black 3 » ou « Amazing Spider-man » si il n’y a pas de salle 2D.

Les larmes sont-elles compatibles avec Thibault? Si oui, cite nous des films (ou séries) qui ont réussi à te faire chialer. 

Je suis celui qui pleure le plus dans l’équipe Any Given Film. Je dois avouer, j’adore pleurer devant un film, et j’ai sans aucun doute pleurer plus de fois dans une salle de cinéma ou devant mon ordinateur que tout seul à cause de chagrins divers.

Donc cela va être dur de condenser ce qui me fait pleurer au cinéma et à la télévision, car la liste est immense. J’adore pleurer devant des comédies ou des films « légers » car il y a ce sentiment qu’ils ont travaillé pour en arriver là. C’est facile de pleurer devant « Million Dollar Baby » car c’est un film triste qui fait pleurer tout le monde. Mais en revanche, Apatow m’a fait pleurer plusieurs fois dans « Funny People » grâce à ses personnages que je trouve attachants et ses moments insoutenables où il faut se lâcher (l’engueulade entre Sandler et Rogen dans la voiture marche à chaque fois sur moi).

Outre Spielberg (c’est un fait, je pleure devant chaque film tant je suis ému de voir mon cinéaste préféré en action), c’est Wes Anderson qui arrive à m’arracher des larmes à chaque fois, même dans des moments improbables. Je pleure évidemment lors de la mort de certains personnages dans « La Famille Tenenbaum » et « La Vie Aquatique« , mais « Darjeeling Limited » et « Moonrise Kingdom » m’ont eu à des moments que je trouve magnifiques. Je dirai que je pleure plus quand je trouve un moment magique et beau.

Ma plus récente crise de larmes était devant « War Horse » aux Etats-Unis, à côté de Nicolas Vert, où je n’ai pas arrêté de pleurer du début jusqu’à la fin. Et ma plus honteuse était devant « Cher John« . Je ne sais pas pourquoi, mais ce film m’a déchiré en deux, et je crois qu’on y a fait référence un épisode sur cinq dans le podcast.

Et niveau séries, là pareil, un moment « beau » entre des personnages que j’adore est capable de m’arracher des larmes. J’ai pleuré de nombreuses fois devant ma série culte « Scrubs« , devant « Parks and Recreation » (surtout l’épisode de la saison 4 sur la relation entre Leslie et Ben), pas mal de fois devant « Freaks and Geeks« , sans compter « Community« , « Party Down« ,  « Futurama« , et le final de « Extras« .

Non vraiment c’est une question horrible car tu n’as pas choisi un pleureur difficile: je pleure très facilement et je le revendique sans problème.

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J’ai remarqué via facebook, que tu aimes mettre en scène des photos de toi et ton entourage. Peux-tu nous en dire plus ? 

Je pensais être l’un de ceux qui avaient le moins de photos de moi et de mes amis dans des moments bidons, mais apparemment ça t’a marqué. Je ne sais pas trop quoi répondre, je déteste prendre des photos en soirée, et je n’ai toujours pas changé ma photo de profil car je veux l’égaler en matière de sang. Ça sera mon running-gag sur mon profil facebook. La seule expérience où je me suis pris en photo était pour copier Edgar Wright qui avait lancé « A Picture A Day » et j’avais décidé de le faire de mon côté, pour le fun (et pour rassurer ma mère que tout se passait bien aux Etats-Unis). Mais j’ai effectivement récemment pris quelques photos de tournages et d’enregistrements d’émissions pour montrer l’envers du décor, si je puis dire.

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Sur quelle musique, as-t-on une chance d’attirer ton attention?

Mon groupe préféré est The Shins (merci Zach Braff) et mon chanteur préféré est Johnny Cash, le seul chanteur américain à avoir fait 4 albums somptueux de suite à plus de 60 ans, culminant avec deux albums posthumes qui sont mes deux albums préférés du bonhomme (A Hundred Highways et Ain’t No Grave). C’est une légende de la musique country qu’on qualifie de ringarde, et il a réalisé avec les American Recordings son renouveau et sa consécration ultime comme l’un des meilleurs chanteurs américains. Pour revenir aux larmes, je vous défie de regarder son clip de « Hurt » sans pleurer.

Donc si vous aimez Johnny Cash, je vous aime. Et mes autres goûts musicaux sont très variés puisque j’écoute de tout sauf ce qui n’est pas de la musique (Guetta, Sinclair, LMFAO, Bieber, ce qui se vend mais fait mal aux oreilles en fait).

Après une recherche sur mon iPod, voilà les albums que j’écoute le plus en ce moment:Turtleneck & Chain des Lonely Island, Real Control de Moneybrother, Broken Bells, les bandes-originales de « Super » et « War Horse« , et mon coup de cœur Cults.

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Quel a été ton plus beau voyage? 

Pour une fois je vais essayer de faire court car ce n’est pas très intéressant, mais mon meilleur voyage reste celui que j’ai fait aux Etats-Unis en 2006. Grandir en adorant les films américains, c’était le rêve absolu que de passer de New York à Los Angeles pendant deux semaines, la moitié du temps en voiture dans le désert. Et c’est durant ce voyage où, après avoir passé mon temps à dire « imagine Zach Braff est devant nous » à mon frère (fan de « Scrubs » et « Garden State » comme moi), on est tombé sur lui à l’avant-première de « The Last Kiss » à Hollywood.

Si tu as un message à faire passer à ceux qui te liront à travers cet interview , c’est le moment ou jamais ! 😉

Je tenais d’abord à te remercier. Dès que j’ai lu le Between us avec WildGunslinger,  je voulais recevoir un mail de ta part, donc c’est un honneur de répondre à tes questions. Ensuite, pour ceux qui nous écoutent au quotidien, un immense merci. Je dis souvent que le podcast est un plaisir égoïste car je le ferai même si je n’avais aucun auditeur (juste pour parler) mais le fait que vous téléchargez et écoutez nos discussions nous rend encore plus intéressants et motivés. Et enfin, pour ceux qui sont passionnés, supportez les podcasts en France. C’est assez énervant de voir que les émissions les plus écoutées sur iTunes sont de simples émissions de radio mises sur le net pour une durée limitée. Freepod, NoWatch, Splitscreen, Podsac, Popcorn, Kultur Breakdown et autres sont ceux qui produisent des émissions spécialement pour qu’on les télécharge semaine après semaine – et qui s’intéressent aux retours et aux auditeurs. Quand je vois que Stéphane Bern squatte les tops (alors que Splitscreen et KB sont derrière) et qu’il n’a probablement jamais ouvert iTunes de sa vie, je me dis qu’il faut changer la donne.

Et un dernier message à ceux qui seront au Comic-Con à Paris en juillet 2012 (même si ce n’est pas encore officiel à 100 pourcents). Je serai personnelement autour du stand BadGeekpendant les 4 jours de l’expo ET nous enregistrerons deux émissions en live samedi et dimanche (dont un Leonard Maltin Game avec des petits cadeaux concoctés par moi-même). Pour ceux qui liront cette interview après le Comic-Con: trop tard, le dvd de X-Files est dans les mains de quelqu’un d’autre.

C’était trop long, non?

Long? Passionnant oui :p. Et je suis certain que c’est ce que penseront les lecteurs de cette interview. Merci encore et c’est marrant car E.T. de Spielberg est également mon premier film au cinéma. A bientôt Thibault (qui sait peut-être au Comic Con 😉 ). 

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