So Watch this Movies !


Même chez les cinéphiles, comme partout, on connaît cette expression bateau: « les goûts et les couleurs... ». Oui car, il est arrivé à n’importe lequel d’entre nous d’aimer un film qu’un proche a détesté et vice-versa. De plus, il existe une pleaïde de films méconnus qui, pour ceux qui ont eu la chance de les visionner, méritent d’avoir une meilleure renommée. C’est pour cela que j’ai demandé à quatre co-blogueurs passionnés de cinéma de vous vendre un film qui est soit passé incognito dans les médias ou qui s’est fait tout simplement cassé. Voici 4 exemples:

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Dredd
choisi par Kevin
twitter: @Kev44600
blog: http://cinecinephile.com/

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Pour un budget de 50 millions de dollars, Dredd a seulement rapporté 13.4 millions de dollars de recette ce qui est extrêmement léger pour pouvoir faire confiance au film. Malgré tout, le film a reçu de bonnes critiques presse à l’internationale, ce qui lui a permis de s’offrir une seconde vie en vidéo. Oubliez le film Judge Dredd avec dans le rôle-titre Sylvester Stallone et regardez d’urgence Dredd avec un juge incarné par Karl Urban qui ne fait pas dans la dentelle sans pour autant oublier son sens de l’autodérision. Véritable série b bien badass comme on les aime, Dredd est un film qui aurait pu nous faire rêver sur grand écran.

Visuellement magnifique, le film possède une véritable identité grâce à son esthétique. Disposant d’une colorimétrie qui arrive à allier deux styles que sont le futuriste et le sale, Dredd arrive à mettre en avant un futur alternatif dans lequel le monde est représenté à travers un immeuble contrôlé par un groupe terroriste. Scénaristiquement très faible, il dispose tout de même de plusieurs bonnes idées.

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La première bonne idée réside dans la drogue nommée la « Slo-Mo » qui permet de mettre en avant le système de slow-motion durant plusieurs scènes d’actions. C’est donc avec cohérence vis-à-vis de la trame scénaristique, que sont utilisés des ralentis pour rendre les scènes d’actions plus longues, mais surtout plus impressionnantes et violentes (impact de balles dans les corps, giclures de sang…). Jouant sur les clichés du cinéma d’action, ce DtV va plus loin dans le genre en offrant de l’action non-stop sans pour autant faire dans la redondance. La dernière bonne idée réside dans l’élément central du film qui est Mega City One. Véritable ville dans la ville, Mega City One est une belle représentation d’un futur pessimiste et très violent. Affublé d’un contexte politique, le film effectue une critique intelligente et logique sur le système politique institué dans cet immeuble, tout en nous offrant une structure qui nous rappelle fortement le système d’un jeu vidéo.

Juge Dredd, qui est la représentation du joueur, débute au niveau zéro. Puis, plus il monte dans les étages plus les ennemis sont importants et coriaces. Le film est intelligemment construit et cette belle structure permet au spectateur de ne jamais s’ennuyer. Aucun temps mort n’est à déplorer et surtout tout est fait pour garder le rythme constant et percutant. Entre les scènes d’actions explosives, la bande sonore qui alterne les sonorités électro « douces » et brutales et les répliques badass à souhait. Jouissif de la course poursuite initiale au plan final, c’est vraiment une perle de DtV que l’on tient avec ce Dredd. Tout est fait pour provoquer du plaisir chez le spectateur et le plaisir est jubilatoire. Judgement Time !

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The Man from Earth
choisi par Paul
twitter: @paulcineblog
blog: http://paulcineblog.visualgprod.fr/

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5 raisons pour lesquelles vous devez rattraper The Man from Earth:

5-Pour vous prouvez que les dtv, c’est pas toujours nul, et que parfois, on peut y trouver des pépites. Ce n’est pas une épopée à la Peter Jackson (quoique), ni un déluge d’action à la The Raid. C’est le genre de films que vous dégustez chez vous, au calme un dimanche après-midi. Au final, c’est fait pour ça le dtv.

4-Parce que ça pourrait être une épopée à la Peter Jackson, sans sortir du cadre d’une maison de campagne et d’une discussion entre amis qui dégénère, Richard Schenkman transcende un huis-clos dont l’histoire, entre les mains d’un neil Jordan ou d’un Peter Jackson, aurait donné lieu à une épopée grandiose. Sauf qu’ici, on a pas de moyens et on est au centre d’une discussion entre amis. Ce qui nous amène au troisième point.

3-Pour la pléiade d’acteurs, qui réussisse à faire passer sans le moindre ennui cette heure et demie, en magnifiant un texte qui serait tombé sous le sens s’il avait été donné à d’autres. Leur talent éclate au gré de leurs dialogues, désaccords, révélations et rebondissement. Et surtout pour Tony Todd, dont la voix ressemble à celle d’un narrateur biblique. Il me raconterai la physique cantique pour les nuls, j’écouterai.

2-Pour Jerôme Bixby, pilier totalement inconnu de la science-fiction moderne, entre ces scénarios pour Star Trek, La Quatrième Dimension et ses deux magasines de SF, totalement inconnus eux aussi

1-Pour les rebondissements du scénario, sans en révéler d’avantage, on peut être sûr que vous ne pourrez vous retenir de vous ébahir devant l’une des révélations du film, extrêmement bien justifiée, qui réussira peut-être à ébranler vos certitudes. Et surtout, pour LA révélation finale, moment sidérant et déchirant qui vous clouera à votre siège jusqu’à la fin du générique.

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Spring Breakers
choisi par Aymeric
twitter: @TheOnlyAym 
blog: http://cineclubmovies.wordpress.com/

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Si je vous écris aujourd’hui, c’est grâce à l’ami Hakim qui me permet via cet article de vous parler d’un film sorti cette année, et qui me tiens énormément à cœur: Spring Breakers. Je ne pense pas que le film soit méconnu, car vu la promo qui a été faite autour de lui durant de nombreux mois, je suis sûr que vous en avez presque tous entendu parler. Mais si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que dans l’ensemble, vous l’avez tous détesté. Et moi, je le clame haut et fort, Spring Breakers est un film que je trouve injustement sous-estimé. Pour être honnête, pour moi c’est même carrément un grand film, un vrai chef d’oeuvre, qui marque notre génération de la même façon que le Kids de Larry Clark avait marqué la génération des jeunes des années 90. Et ce qui nous permet de faire la comparaison entre ces deux œuvres, c’est cet homme du nom d’Harmony Korine, qui n’est ni plus ni moins que l’auteur de celles-ci.

Alors, Spring Breakers, on va faire un petit rappel, c’est l’histoire de quatre jeunes filles d’environ vingt ans: Brit, Candy, Cotty et Faith, des beautés aux personnalités bien marquées, qui s’ennuient à mourir dans leur fac, et dans leur vie de tous les jours. Elles rêvent d’évasion, de nouveautés, de sensations fortes, d’une nouvelle vie ailleurs. Et pour essayer de s’approcher un peu de ce rêve commun, elles choisissent la Floride comme destination, durant la très célèbre période du « Spring Break », pour leurs vacances. Seulement, pour ne rien arranger, elles sont fauchées. C’est alors que l’idée folle de braquer un fast-food naît dans leur esprit, et ni une, ni deux, elles passent à l’acte. Bien heureuses après avoir réussi leur coup (ce n’est pas un spoiler, tout ceci se déroulant au tout début du film), elles partent donc faire la fête dans ce qui s’avère être un monde parfait, un monde à part où tout est possible, où rien ne s’arrête jamais. Seulement, comme vous vous en doutez, il y a toujours un moment où la réalité reprend le dessus, et lorsque après une mauvaise aventure elles font la rencontre d’Alien, un gangster rappeur du coin, le rêve vire de plus en plus vite au cauchemars et à la folie pure.

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Depuis la sortie de ce film, en Mars dernier, je mets un point d’honneur à le défendre. Mon attachement envers celui-ci est tel, que je suis parfois vraiment triste de le voir subir un tel acharnement, souvent virulent et injustifié d’ailleurs. Car avant tout, Spring Breakers est une vraie expérience cinématographique. Et s’il y a bien un point sur lequel tout le monde s’accorde, c’est la photographie et l’esthétique du film qui sont ce que l’on a vu de plus beau cette année, et de loin. Une esthétique loin d’être vaine, qui caractérise et représente parfaitement l’esprit et les fantasmes de vie colorée et flashy des quatre filles, évoluant avec elles au long de leur aventure, en passant subtilement d’une ambiance et d’un ton vifs et chaleureux, à une ambiance morbide, effrayante, et surtout très noire. Mais Spring Breakers n’est pas qu’un simple produit esthétique, c’est aussi une réflexion et un portrait sous acide, moqueur, de la jeunesse américaine actuelle qui adore aller se perdre dans cette débauche, oubliant complètement tout forme de réalité, de règles, de limites.

C’est un film qui s’adresse à la jeunesse, à nous, en prenant tout ce qui a du succès aujourd’hui, tout ce que l’on aime, toutes nos icônes, tout nos rêves superficiels, et qui retourne le tout contre nous. Spring Breakers est un conte désenchanté, un film qui dérange et met mal à l’aise car il expose sous la lumière de ses néons fluorescents des perversions, des névroses, et des fantasmes que l’on a pas envie d’accepter ou de voir, mais auxquels il faut bien faire face, par le biais d’une violence psychologique assez intense. C’est une destruction, qui créé ses propres règles sur le plan cinématographique, du rêve américain, et une descente aux enfers dont la chute, et le plan final, sont encore gravés dans mon esprit. Néanmoins, dans toute cette folie, Korine laisse un fragment d’espoir pour ses personnages, il développe un moment de lucidité, qui restera à jamais fragilisé par les événements passés, mais qui est bel et bien présent, et auquel ils ne manqueront pas de s’accrocher.

Mais Korine n’a pas fait que ça, il ne s’est pas arrêté là, car il a également offert une opportunité en or à l’ensemble, et oui je dis bien à l’ensemble, de son casting redoutable. En tête, on retiendra bien évidemment l’incroyable et démentielle performance de James Franco, qui est d’ailleurs en pleine promotion pour une possible nomination pour l’Oscar du Meilleur Second Rôle masculin, qu’il pourrait rafler à juste titre. En second, c’est la découverte de Selena Gomez, la petite fille Disney que l’on pensait sage et propre sur elle, qui s’illustre dans un genre inattendu, et qui s’avère être le personnage le plus attachant et le plus touchant du film, dans un rôle primordial pour celui-ci, puisque la cohésion du groupe de filles repose entièrement sur la foi de son personnage. Ensuite, on saluera la performance de Rachel Korine, qui assume les scènes de nudité du film avec beaucoup de mérite, et qui participe grandement au côté sexy du film, et enfin, Vanessa Hudgens et Ashley Benson prises d’une folie furieuse, hyper-sexuées et psychotiques, démontrant un jeu et un recul d’une grande maturité.

Tout cela n’est bien sûr qu’un avis purement subjectif, car toute critique est subjective, mais un tel écart entres les avis professionnels et amateurs ne peut expliquer qu’une chose: Le film est incompris, sous-estimé? Ou alors, il a été trop mal vendu? C’est ce que je pense fermement, car effectivement, on a rarement vu une promo et une bande-annonce vendre un film pour l’opposé de ce qu’il est réellement. Néanmoins, c’est un film qui demande du recul, qui demande une réflexion sur le sujet et sur ce que l’on voit à l’écran, car Spring Breakers est un film qui s’apprécie de plus en plus, et qui prend tout son sens lorsqu’on remarque les détails qui le composent, au fil des visionnages. S’il vous plait, essayez de le reconsidérer.

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Dellamorte Dellamore
choisi par Robin
twitter: @Piwi_47 
blog: http://piwithekiwi.blogspot.fr/

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Alors j’ai choisi de faire découvrir Dellamorte Dellamore (1994) pour plusieurs raisons:

J’ai moi-même eu la chance de découvrir ce film un peu par hasard, je l’avais maté avec mon frangin après l’avoir loué en rentrant du lycée. Un film d’horreur italien basique en apparence, mais pourtant empreint d’une vraie identité et recélant plusieurs hommages aux long-métrages italiens appartenant au genre Zombie Movies (des années 70).

Le synopsis: Francesco Dellamorte, jeune homme solitaire et dépressif, est le gardien d’un cimetière bien spécial : au bout de 7 jours, les cadavres se réveillent et quittent leur tombe en quête de chair fraîche. Accompagné du fidèle Gnaghi, un simplet ne s’exprimant que par l’onomatopée « gna », Francesco se charge de les remettre en terre…

Dellamorte Dellamore est une œuvre extraordinaire qui mélange avec panache poésie dark, macabre, goth, humour et spectacle gore. La photo est magnifique, plusieurs plans sont splendides et contribuent grandement au plaisir éprouvé après la séance. Le casting est impeccable: Rupert Everett incarne avec brio le héros mélancolique au charme ravageur, Anna Falchi est divine et François Hadji-Lazaro prête ses traits au mutique et incernable Nagui. Quant à l’univers décalé de Michele Soavi, il est bien mis en avant par une mise en scène constamment inventive (aucun meurtre n’est similaire), plusieurs tacles à l’encontre de la religion (des symboles christiques en pagaille) et un humour trash bienvenu.

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Voilà! J’espère que Aymeric, Kevin, Paul et Robin vous auront convaincu pour vous poussez à voir leurs films choisis (ou les revoir sous un un autre oeil)! Merci encore à vous 4, pour votre participation! Pour ma part, je ne connaissais pas le film de Robin! Celui de Kevin était déjà sur ma liste d’attente, et celui de Paul, je devais le voir par le passé, mais je l’ai complètement zappé… Raison de plus pour le mater! Par contre, vous pourrez retrouver ma critique du film d’Aymeric ICI , où vous constaterez que je rejoins plutôt sa vision du film! So, watch this movies! 🙂
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5 réflexions sur “So Watch this Movies !

  1. Bon petit article, avec des films qui ne se ressemblent pas. Autant le film défendu par Aymeric reste pour moi un mystère même si je lui reconnais de véritables qualités, autant celui que défend Paul a également été pour moi une belle expérience. Découvert après qu’on me l’ai conseillé, il s’agit d’un film qu’il faut voir pour son scénario et ses dialogues tellement réalistes qu’on se croirait dans une véritable réunion de famille. Un coté effrayant, mais terriblement passionnant. Il me reste plus qu’à voir Dellamorte Dellamore choisi par Robin qui est un film que je connaissais pas du tout !

  2. Très bons articles avec des films et des avis bien distincts. Il y en a pour tout les goûts ! Dredd, j’avais bien aimé la bande annonce et je m’étais noté dans un coin de le regarder un jour.

    The Man From Earth je connaissait, et il fait parti de mon top 5 de tous les temps. Il est la preuve (s’il en fallait une) qu’un film mémorable est avant tout et surtout une bonne histoire, un bon scénario. Évidemment, comme dit Paul, le casting transcende le scénario, et nous offre un film incroyablement posé et lent (en apparence) où paradoxalement on ne s’ennuie pas un instant.

    Spring Breakers ne me disait trop rien à cause de son look Porno Soft pour ado, et James Franco avait l’air franchement ridicule. La bande annonce m’avait clairementpoussé

  3. Très bons articles avec des films et des avis bien distincts. Il y en a pour tout les goûts ! Dredd, j’avais bien aimé la bande annonce et je m’étais noté dans un coin de le regarder un jour.

    The Man From Earth je connaissait, et il fait parti de mon top 5 de tous les temps. Il est la preuve (s’il en fallait une) qu’un film mémorable est avant tout et surtout une bonne histoire, un bon scénario. Évidemment, comme dit Paul, le casting transcende le scénario, et nous offre un film incroyablement posé et lent (en apparence) où paradoxalement on ne s’ennuie pas un instant.

    Spring Breakers ne me disait trop rien à cause de son look Porno Soft pour ado, et James Franco avait l’air franchement ridicule. La bande annonce m’avait clairement poussé à mettre le film dans la case « à ne pas voir ». Je vais peut être reconsidérer la question.

    Delamorte Delamore à l’air excellent. Je vais essayer de le trouver, ca m’a bien donné envie.

    Bonne continuation à tous !

  4. Très bon article! C’est vraiment une très bonne idée que tu as eu là et je suis ravi d’y avoir participé ^^ J’avais beaucoup aimé Dredd, que j’ai trouvé LARGEMENT supérieur à la version avec Stallone. Ça fait un moment qu’il faut que je vois The Man From Earth, vu que j’en entends beaucoup de bien! Et le film de Robin m’est complètement inconnu!

  5. Sympa ce concept!
    Je confirme pour Dredd et The man from earth, ce sont deux films à voir. Pour le second, je crois même que c’est l’un de mes premiers articles sur le blog ou même ma première vidéo.
    Je n’ai pas vu celui de Robin, mais ça donne envie.

    Quant au choix d’Aymeric, je dois dire que je suis extrêmement surpris qu’il ait pensé à ce film, je ne savais pas qu’il l’avait aimé…..ah ah ah

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